La génération précédente, celle du « néo-polar », était composée d’anciens militants gauchistes nés juste après la guerre : Daeninckx, Pouy, Jonquet, Raynal, Fajardie. Les années 1990-1995 sont celles de la guerre du Golfe, du référendum de Maastricht, de la guerre civile en ex-Yougoslavie, de la droite conservatrice et des premières mairies gagnées par le Front national. De tradition sociale, le polar français se place immédiatement dans ces luttes, notamment avec la collection « Le Poulpe », créée par Jean-Bernard Pouy, qui ouvre la voie à une nouvelle génération : après Jean-Claude Izzo et Tonino Benacquista, on découvre Stéphanie Benson, Jean-Hugues Oppel, Francis Mizio, Pascal Dessaint. Ou encore, en moins politisés : Fred Vargas, Jean-Christophe Grangé et Maurice G. Dantec. Des auteurs très différents, donc. Quelques courtes années après l’explosion…
