Dans les premières lignes du Pays des oubliés, précédent roman de Michael Farris Smith, un enfant était abandonné devant une permanence de l’Armée du salut, au fin fond d’un bled paumé du Mississippi, tandis qu’une « Cadillac pourrie » s’éloignait dans un nuage de poussière. Cette Cadillac, ses occupants, on les retrouve dans Blackwood, nouvelle chronique gothique d’une région non seulement désertée, mais livrée aux étreintes vénéneuses du kudzu, une plante invasive qui (tout, ici, est symbole) étouffe les collines ondoyantes.
Dix-neuf ans après le suicide de son père par pendaison, Colburn Evans, en quête de réponses, est de retour à Red Bluff: une poignée de rues, des porches affaissés, des vieilles dames en robe d’intérieur. Il se veut « sculpteur industriel », recycle des déchets de ferraille, essaie de…
