Lama, c’est d’abord un corps. Massif, volontaire et de guingois, car posé sur une seule jambe depuis plus d’un demi-siècle et un accident de la route qui le laissa polytraumatisé. Fin janvier, il confiait n’avoir jamais cessé de souffrir : « Cinquante-cinq ans sur la même jambe, ça fait beaucoup. » Lama, c’est ensuite une voix, puissante, de baryton. « Je suis devenu chanteur pour venger l’insuccès de mon père. Je montrais ma grosse voix, qui écrasait ce que j’écrivais », reconnaîtra-t-il. Enfin, Lama, c’est un rire, qui explose en éclats comme une grenade, pour chasser les larmes qui se tapissent dans l’ombre, jamais très loin. « Ma vie a été faite d’accidents successifs, puis à chaque fois on m’a remis sur le chemin de la chanson et je suis…
