La discrète place Dauphine, à Paris, grouille de badauds, de journalistes aux aguets et de notables endimanchés en ce mercredi 3 novembre 1909 au matin. Ils sont arrivés en avance pour être certains de trouver une place dans la cour d’assises de la Seine où va s’ouvrir « le procès sensationnel » de Marguerite Steinheil. Sortie de sa cellule de la prison Saint-Lazare où elle croupit depuis trois cents jours, « Meg » reparaît tout de noir vêtue, « mince, élégante », pour pénétrer dans le box des prévenus. Elle est accusée de l’assassinat de son mari, le peintre Adolphe Steinheil, et de sa mère, Emilie Japy, dans la nuit du 31 mai 1908, dans sa villa du 6, impasse Ronsin, Paris 15e.
La croqueuse d’hommes, ambitieuse et intelligente, se…
