Cet homme ni grand ni petit, à la voix grave et aux yeux souvent perçants, parfois espiègles, fut beaucoup plus qu’un homme de théâtre, il en fut un monstre sacré. Au long de ses soixante-quinze ans de carrière, Michel Bouquet, qui se trouvait « terne, banal, plat », se dédia tout entier à son art de comédien, c’est-à-dire, selon sa conviction profonde, à ses personnages. Il disait ainsi : « Le plus important est le personnage, je ne dois pas m’en servir mais le servir. » Dans la cour des Invalides, mercredi 27 avril 2022, jour de l’hommage national au comédien décédé le 13, Muriel Robin, son élève au Conservatoire, a su trouver les mots pour saluer cet inlassable serviteur : « Monsieur, j’étais profane, vous étiez sacré. Avant de…
