Autour du « chef de famille », comme on l’appelle, le clan fait bloc. Jean-Jacques Saillour, 64 ans, vit chaque minute de survie de son fils comme une victoire. Depuis le 5 octobre,Yann, 36 ans, est plongé dans un coma artificiel. Jacqueline, sa mère, Guillaume et Rozenn, ses frère et sœur, ne quittent plus l’hôpital. Ses collègues de la brigade anticriminalité (Bac) de Saint-Denis se relaient devant le service de soins intensifs, conscients qu’ils pourraient être à sa place, liés jour et nuit à ces écrans qui n’en finissent pas de clignoter. Tous guettent le signe positif, suspendus au bulletin médical. Dimanche 18 octobre, c’est encore Jean-Jacques, le père, qui lit celui-ci : « Etat stationnaire, pronostic vital toujours engagé.» Les mots sont secs, ils appartiennent aux médecins. Si la…