C’est d’abord une voix. Puissante, elle oscille entre le grave et les accès de gaieté. Elle la trouve « grinçante ». En tout cas, sa voix s’impose, capte l’auditoire, enveloppe l’espace. Au restaurant, d’ailleurs, les gens se retournent. Emily est une jeune femme de 35 ans, expressive, parfois espiègle, attentive, curieuse et sensible. Peu de choses lui
échappent et son rire en cascade, franc, entraîne d’autres rires.
Puis, soudain, son regard s’éloigne, plongé dans des pensées à l’évidence très sombres. Elle se rappelle, d’un coup, pourquoi elle est de nouveau en France.
Cette fois, sa mère, Jane, l’accompagne. Jane est issue d’une famille suédoise qui émigra au Canada à la fin des années 1920. Son grand-père a trouvé un emploi dans les mines de nickel ; son père a pu…