Devant l’horreur, on attendait la haine ; devant le saccage barbare de tant de jeunes vies, on attendait un bien légitime désespoir. Mais c’est une autre réponse, inattendue, qui est venue aux lèvres : d’une manière improvisée, ne répondant à aucun mot d’ordre, comme surgi du fond des âges, on a entendu un chant, un chant de gloire usé pour certains, galvaudé pour d’autres, et pourtant étrangement vivant. Cette « Marseillaise » entonnée par de jeunes Français qui, parfois, en connaissaient à peine les paroles, était reprise en chœur par tous. C’était la France qui se relevait ; cette idée, si ancienne, souvent maltraitée, oubliée, voire parfois conspuée, renaissait de ce massacre, faisant jaillir les drapeaux ou leurs trois couleurs partout dans le monde : à Londres, à New York,…