C’est par train, depuis Lviv, que l’on arrive à
Kiev. Ce sont de gros trains bleus, confortables, plutôt rapides, et qui avaient la réputation, avant la guerre, de partir à l’heure. Mais tout le monde a en tête le bombardement qui a visé, avant-hier [le
9 avril], la gare de Kramatorsk et a fait au moins 52 morts. Alors, les gens font attention. Ils évitent de s’attrouper. Pressent le pas si le quai est éclairé. Et, quand le train s’ébranle, c’est tous feux éteints, chaque compartiment calfeutré et avec, tout au long de la nuit, des arrêts en rase campagne, et des détours, qui font prendre du retard. Très vite, pourtant, on n’y pense plus. Il y a, dans le wagon, des volontaires qui ont mis leur famille à l’abri…