A partir de 1983, Martha Argerich cessait de donner des récitals, plus qu’elle ne déclarait ne plus jamais jouer seule à l’avenir. Depuis, elle a d’ailleurs interprété publiquement des œuvres solo, Deuxième Partita de Bach, Scènes d’enfants de Schumann, Gaspard de la nuit, de Ravel, par exemple, à New York, au Japon ou à Lugano. Récemment, je lui ai demandé si elle n’envisageait pas d’entrer en studio pour des œuvres qu’elle n’aurait pas déjà enregistrées, qu’elle reprendrait ou apprendrait spécialement puisqu’elle l’a fait pour des pièces pour deux pianos, dont ce fabuleux disque Prokofiev avec Mikhail Pletnev chez DGG. « Non, ça ne m’intéresse pas. » Son œil noir et sa moue caractéristique montrent que cette question l’ennuie bien plus qu’elle ne l’embarrasse. Pour les récitals, que dire? Certains ont…