Des cinq doigts de la main, l’annulaire reste de loin le plus malhabile. Inférieur au majeur, nettement plus imposant que l’auriculaire, nous portons peu d’attention à ce doigt trop mou, gauche, dépourvu de force. Pour tout dire, il nous gêne.
Notre quatrième doigt, quelle que soit la main, vit sa vie, discrète, loin des projecteurs. Rarement mis en valeur, travailleur de l’ombre, il relie secrètement les autres doigts, complète l’harmonie, suggère les demi-teintes, tel l’altiste d’un quatuor à cordes. Sans lui, plus de trait virtuose, ni arpège ou accord de cinq notes. Lors d’une gamme que l’auriculaire, lui, ignore, le quatrième doigt facilite le passage du pouce auquel il offre toute la place, sans sourciller. Il oeuvre à l’essentielle rotation du poignet, avec une amplitude et une souplesse que les…
