UN POÈTE DE L’ÉTRANGE
Des nudistes prêtant serment face à un prêtre pas plus habillé dans une ambiance de film d’horreur, un mannequin sans vêtements ni cheveux ni bras semblant s’adresser à une passante terrifiée (Wilmington, Caroline du Nord, 1950, en haut), une femme à tête de chien (New York, 2000, ci-dessus à gauche), des enfants grimés en Laurel et Hardy menaçants (Paris, 1949, ci-dessus à droite ), des autoportraits franchement bizarres… Certaines photos d’Elliott Erwitt révèlent un humour assez tordu. En laissant filtrer une part d’inconscient dans ses cadrages, il montre aussi notre surmoi collectif, là où l’animal prend le dessus et vient briser l’ordre établi. “Quand la photo est bonne, c’est assez intéressant, et quand elle est très bonne, cela devient irrationnel et même magique, dira Erwitt. Rien…