“POÈTE, VOS PAPIERS!” Le morceau phare de l’album Amour Anarchie, de Léo Ferré, manifeste pour la liberté d’expression artistique, résonne singulièrement au moment où une pétition recueillant plus de 15 000 signatures vise à interdire de nommer “Serge Gainsbourg” une station de métro aux Lilas, et où un collectif de 1200 “poètes, éditeurs, libraires, bibliothécaires et acteurs de la vie culturelle” publie dans Libération une tribune hostile à Sylvain Tesson, parrain du Printemps des poètes.
Le premier serait misogyne, incestueux et violent, “le Harvey Weinstein de la chanson” selon Lio, le second, une icône réactionnaire, proche de l’extrême droite littéraire. Leur procès en épuration réclame la pureté politiquement correcte, brevet de wokisme exigé : “Poète, votre casier judiciaire”, “Poète, votre carte d’électeur”. Soit l’affaire Céline, sans cesse répétée, la question…
