En psychiatrie aujourd’hui, soigner, c’est tâtonner. «Pour à peu près toutes les classes thérapeutiques (antidépresseurs, régulateurs de l’humeur ou antipsychotiques), seuls 30 % à 40 % des patients répondent bien au traitement. Une même part ne répond pas du tout et 40 % ont une réponse intermédiaire », déplore Frank Bellivier, psychiatre à l’hôpital Fernand-Widal, à Paris. Beaucoup de patients (10 % à 20 %), dits résistants, ne répondent même à aucune des molécules recommandées. Quant aux autres, près d’un tiers arrêtent leur traitement à cause des effets secondaires. Résultat : presque 70 % d’échec! Lors d’une première consultation, le psychiatre a peu de raison d’être optimiste quant à l’efficacité de sa prescription… Or, il faudra au minimum deux ans pour savoir si un patient bipolaire, par exemple, est stabilisé…
