C’est une situation plus qu’étonnante. Alors que plus de 60 % des médicaments occidentaux actuels dérivent du vivant, essentiellement de plantes ou d’animaux, à ce jour un seul médicament commercialisé a été isolé d’un insecte : l’alloferon, dérivé d’une molécule des larves de la mouche, et commercialisé depuis 2005 en Russie, notamment, pour traiter l’herpès génital. Or, paradoxalement, le nombre d’espèces d’insectes recensé est plus de deux fois plus important que celui des plantes et des microorganismes (1 million contre 400 000). Et, depuis 5 000 ans, ces animaux sont largement utilisés par les médecines traditionnelles de nombreuses régions du monde. “Les insectes restent sous-explorés pour leurs ingrédients bioactifs”, déplorent Enming Zhang, de l’université de Pékin, en Chine, et ses collègues, dans un article publié en mars 2023 dans la…
