Drôle d’expérience que de (re)voir aujourd’hui Saute ma ville, le premier film de Chantal Akerman, six mois après l’annonce terrible de son suicide. Déjà parce qu’on y voit, presque 50 ans plus tôt (on est – ce n’est pas sans importance – en 1968), la jeune Chantal en personne, du haut de ses 18 ans, se foutre en l’air à l’aide d’une gazinière et d’une allumette, dans un élan peut-être libérateur. Ensuite parce que, à l’évidence, et même si on s’en veut de céder à ce vieux réflexe critique qui consiste à repérer dans les films de jeunesse les germes de l’oeuvre à venir, tout ou presque est déjà là : tout, c’est par exemple l’appartement comme lieu d’enfermement, d’isolement et de solitude, les gestes répétitifs du quotidien, le désespoir,…
