La critique m’a aidé, jeune, à m’orienter. Entre autres grâce à une opposition qu’un film vient de réveiller et de déplacer. L’opposition entre Positif et les Cahiers. D’un côté, des cinéastes (thématiquement) provocateurs et (stylistiquement) gras, de l’autre des cinéastes (thématiquement) décapants et (stylistiquement) maigres. Les premiers travaillent pour le public cultivé, les seconds contre le public cultivé. D’un côté, pour me limiter aux non-Français, Altman, Kusturica, Kubrick, Greenaway, Fellini, Boorman, Soderbergh, Kieslowski... De l’autre, pour me limiter aux Français, Mocky, Godard, Straub, Moullet, Duras, Biette, Rohmer... La virtuosité de l’ironie contre la nudité de l’adresse. Pour résumer, le Losey de La Truite contre le Losey de Lawless.
Altman a deux disciples, P.T. Anderson (Magnolia) et Ang Lee (Woodstock). Son héritage : des films très longs avec plein de personnages…
