Pour l’entretien, Angelo Tranfa joue à domicile mais il s’est levé du pied gauche. Rendez-vous était fixé dans sa tanière, au Canova, à 13 heures, soit trois heures avant le début de son service. Visage fermé, regard fuyant, il accueille: « Qu’est-ce que vous voulez savoir? Je n’ai rien à dire, j’ai juste eu de la chance de servir ces gens-là. » Avant de pouvoir répondre quoi que ce soit, il peste encore: «Ça va durer combien de temps votre truc? J’ai du travail moi. » Finalement, Angelo se déride, offre un café, commence à parler. Et c’est tout le cinéma italien qui défile en vrac: Fellini, Mastroianni, Claudia Cardinale, Ettore Scola… Il les a servis, observés, côtoyés. Il cherche les anecdotes dans les tréfonds de sa mémoire. Pour situer…
