Le 20 mars 1991, j’ai 6 ans, l’OM joue l’AC Milan en quarts de finale retour de la coupe d’Europe des clubs champions. De ce match je ne me souviens de rien si ce n’est, à la 77e minute, l’entrée en jeu de Philippe Vercruysse à la place de Laurent Fournier, et surtout du commentaire fait par mon père à cet instant. “Tiens, voilà la chèvre”, il a dit, avec un petit rire dans la voix. J’ai alors été confronté à une équation insoluble: comment, parmi ces professionnels, qui passent à la télé, jouent au plus haut niveau, pourrait-on trouver des joueurs dont le premier daron venu, assis sur son canapé, jugerait de la qualité avec dédain, voire moquerie? En bon romantique du football, mon père était sensible à l’élégance,…
