Neuf ans déjà qu’elle chantait, en troupe, à Bâle, (Mimi, Tosca, Aida, Chrysothemis…), puis à Brème (Violetta, Tatiana, Rusalka), avec des apparitions sans lendemain à Vienne (Salomé), à Milan (1re Fille-Fleur), au Liceu (Elvira, Arabella), à Mexico (Manon, Amelia)… Cinquante rôles à son répertoire, sans percer. Vint le 20 avril 1965, à Carnegie Hall. Elle remplaça Mary-lin Horne quasiment au pied levé dans Lucrezia Borgia. Une étoile naquit ce soir-là, aussitôt mondiale. Contrats – Glyndebourne (La Maréchale), le Met (Marguerite), puis toutes les autres grandes maisons, qui se l’arrachèrent au rythme de deux à trois soirées par semaine – concerts innombrables, studios (RCA, puis EMI), et bientôt la vague irrépressible des disques pirates dont elle fut l’une des muses, tout irait soudain très vite pour Monserrat Caballé, qui avait à…
