Kurosawa dont le premier film en tant que réalisateur, La Légende du grand Judo, date de 1943, vint très tardivement à la couleur, en 1970, avec Dodes’ka-den – qui marque aussi sa rencontre avec le compositeur Toru Takemitsu. Quinze ans plus tard, avec Ran, tous deux se retrouvent pour la plus longue partition cinématographique du musicien, parmi un riche catalogue qui en compte plus de quatre-vingt-dix. Homme-orchestre, du scénario au montage, Kurosawa, pour cette histoire inspirée du Roi Lear de Shakespeare transposée à l’époque médiévale, « travaille » l’image à la manière des peintres de la Renaissance, organisant plans et séquences selon un procédé de dégradés et de tonalités changeantes, leur attribuant une fonction dramatique. En outre, comme dans le théâtre japonais, il caractérise chacun de ses personnages par une…
