Aujourd’hui, je ne peux pas. Alors que cette chronique est censée célébrer le beau, incliner au bonheur, l’actualité étouffe toute réjouissance. Depuis plusieurs semaines, une puissante colère, laquelle oscille entre la tristesse et la rage, me secoue: j’ai visionné les vidéos montrant les violences exercées contre les musiciens en Afghanistan.
Certes, bien d’autres comportements me choquent dans ce pays repris par les talibans – leur liste couvrirait cette page –, cependant les images d’instruments brûlés sur la place publique, d’interprètes molestés, en larmes, vêtements déchirés, cheveux coupés, obligés de déclarer devant des foules hilares qu’ils sont « des racailles » m’ont effaré. Et encore, ces derniers s’en tirent « bien »: quoique humiliés, dépersonnalisés, niés, ils restent vivants. Tel ne fut pas le cas du chanteur folklorique Fawad Andarabi, coupable…
