Dans son repaire des Albères, là où les Pyrénées vont vers la mer, Beatriz Garrigo crée. Depuis son enfance, cette Barcelonaise élevée dans le sillage d'une mère couturière, parmi les galons et les dentelles, connaît la jubilation de faire avec ses mains et de jouer avec la peinture. « Certains enfants s'arrêtent, moi j'ai continué. » À l'école des Beaux-Arts de Barcelone, dans les années 1970, juste après la mort de Franco, elle se heurte à un savoir académique qui peine à se dépoussiérer. « Je me suis ennuyée, alors je suis partie. » Un voyage de six mois, à travers la flore de l'Amazonie et sur les routes d'Amérique du Sud, confirme son goût pour les couleurs. Désormais, entre peinture et céramique, sa vie leur sera dédiée. Installée aujourd'hui…