« Toutes blessent, la dernière tue », de Karine Giebel. On a toujours du mal à se figurer la façon dont les bassesses humaines adviennent. Comment devient-on esclave domestique, dans notre douce France, à l’aube du XXIe siècle ? Comment justifie-t-on, de l’autre côté, le fait de soumettre un individu à une condition si infamante ? Suppression de l’identité, dépossession de tout bien, sévices, abus sexuel, lavage de cerveau… Tama n’a que 8 ans lorsqu’elle passe de famille en famille, pour son bien, pour un mieux, pour toutes les raisons du monde et parce qu’au Maroc on n’a pas les moyens, paraît- il. Bébé transbahuté, elle s’adapte, panse ses plaies, travaille toujours plus pour éviter les coups, les brimades, les brûlures, s’attache parfois à ses bourreaux, cherche à mourir plus…
