Le roman, selon Sollers, n’est pas (ne peut plus être) un roman. C’est (ce devrait être) une promenade, un récitatif, une excursion, une variation, une narration – mais, à coup sûr, pas un roman. Ainsi, à la manière charmante de Montaigne (bordelais, comme lui), l’inventeur du concept de « France moisie » (lire son interview dans Le Postillon, p. 118) va et vient dans sa bibliothèque, se saisit d’un volume (Nietzsche, Stendhal, Heidegger, Rimbaud, Hölderlin…), le commente, l’éclaire, l’obscurcit, y incruste son état d’esprit du jour, en extrait quelques fumantes citations tamisées par l’intelligence d’un «je» vagabond et rusé – et le tour est joué. L’ensemble étincelle. C’est localement éblouissant. Globalement pas très clair. Toujours excitant. Pour ma part, j’adore. Cette désinvolture jubilante me ravit. Et, mis bout à bout,…
