Là où passe le cheval, la vie est possible. Notre plaisir à marcher, à Desti et moi, est devenu l’aune à laquelle juger l’habitabilité, comme disent les biologistes, des différents environnements que nous traversons. Au sommet de la hiérarchie, le sous-bois feuillu, foisonnant de végétation, de traces d’animaux, de murmures de rus. Le chemin à travers les bocages n’est pas mal non plus, avec ses ombres et ses vallons. Étonnamment, le centre des villes, y compris des grandes agglomérations, reste assez propice à l’équidé : dans les ruelles ou sur les places, on trouve toujours à s’infiltrer. La ville est grouillante, sinueuse, ouverte. Les voitures roulent au pas, les piétons nous saluent et les fontaines nous servent l’apéritif. Même les cimetières sont accueillants, avec leurs grands arbres (mais gare au…