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Plus les islamistes ensanglantent notre Vieux Continent, plus on leur trouve des raisons de le faire. C’est l’étrange paradoxe des dernières semaines. Au lieu de considérer le phénomène pour ce qu’il est – une sorte de purulence religieuse –, les Diafoirus de la bien-pensance recherchent ses origines dans le social, voire, ô le vilain mot, le sociétal, avec une compassion affectée. Longtemps, nos instructeurs civiques autoproclamés se sont ingéniés, en professionnels de l’évitement, à ne pas nommer les choses. Il faudra dire un jour tout le mal qu’ont fait à la cause du « vivre-ensemble » des mots comme « stigmatisation » ou « amalgame », censés arrêter les discussions et faire taire tout le monde. Aujourd’hui, les mêmes clercs n’ont rien appris, qui s’obstinent à ne pas voir la…
On savait déjà qu’à la gauche du Parti socialiste prospérait un troupeau de dinosaures psalmodiant à longueur de journée d’antiques refrains. Comme si le bonheur sur terre dépendait des 35 heures, de l’interdiction du travail le dimanche ou du maintien de nos pittoresques juridictions prud’homales. Sur la loi Macron, nos sauropodes de l’économie ont montré leur force et obligé François Hollande et Manuel Valls à utiliser le fameux article 49-3. Félicitations à Benoît Hamon, Martine Aubry, Cécile Duflot et leurs amis, leur apport à la paléontologie politique est inestimable. Mais la fossilisation des esprits n’affecte pas que la gauche. L’immense majorité de l’UMP s’apprêtait, avant l’annonce du 49-3, à voter contre un texte d’inspiration libérale… Après cinq années au pouvoir durant lesquelles les réformes ont été plutôt rares, elle avait…
Le Monde des livres, c’est plus drôle que Charlie Hebdo, surtout en ce moment. La supériorité du comique involontaire sur la volonté de faire rire. Les bêtisiers de fin d’année nous amusent davantage que les vannes des amuseurs de la télé. Les chats, dans une maison, semblent n’avoir qu’un but dans leurs sept vies : être désopilants. A la fin de l’année dernière, j’ai découpé dans le quotidien du soir un article de Florence Bouchy sur Christine Montalbetti, dont le journal, dans un encadré, donne un résumé de la biographie : naissance en 1965 au Havre, un premier roman en 2001 chez POL (« Sa fable achevée, Simon sort dans la bruine »), parution en 2013 de « Love Hotel » après une résidence au Japon. Christine, raconte Florence, écrit…
Avec le traité de Maastricht, François Mitterrand pensait ligoter l’Allemagne et l’arrimer à l’Europe ; en réalité, il a donné naissance à une Europe allemande. Loin d’être usée par dix années de pouvoir, Angela Merkel s’impose comme une hyperchancelière dont le leadership s’étend sur tout le continent du fait de la débâcle de la France, du repli nationaliste du Royaume-Uni et de l’effacement des institutions communautaires. Dans un monde hanté par la stagnation, le chômage et le surendettement, l’Allemagne affiche une insolente prospérité : une croissance stable de 1,6 % à 2 % par an ; 42,8 millions d’emplois, qui ont permis de ramener le taux de chômage à 4,7 % de la population active ; des excédents jumeaux de la balance commerciale (217 milliards d’euros, soit 7,4 % du…
La révélation de la gigantesque fraude fiscale orchestrée par la banque HSBC n’apporte pas grand-chose de nouveau : les faits étaient connus de l’administration, qui a déjà poursuivi les coupables. Voilà longtemps qu’on connaît l’ampleur de ce drain financier que la libre circulation des capitaux universelle, à compter des années 90, a facilité. Le procès du Carlton ne nous en apprend pas davantage. Depuis l’affaire du Sofitel de New York, le monde entier connaît la vie libertine de l’ancien patron du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. Si ces deux affaires ont pourtant eu un retentissement inhabituel, c’est qu’elles ont placé un judas sur le monde secret des élites et, en l’espèce, son intimité trouble. Il y a bien sûr du voyeurisme là-dedans, d’autant plus délicieux que ces faits divers offrent…
L’une des idées que défendaient les philosophes des Lumières était que la souveraineté du peuple se heurte à une limite, celle de la vérité, sur laquelle elle n’a pas prise. David Hume écrit en 1742 : « Même si le genre humain tout entier concluait de manière définitive que le Soleil se meut et que la Terre demeure en repos, le Soleil ne bougerait pas d’un pouce de sa place, et ces conclusions resteraient fausses et erronées à jamais. » Supposée universelle, la vérité ne saurait relever d’un vote. Mais – et c’est un point important en démocratie -, c’est aussi cette indépendance de la vérité qui protège l’autonomie de l’individu, puisque celui-ci peut toujours, face au pouvoir, se réclamer du vrai. Nous nous montrons désormais hésitants à définir les…