Le Point : Comment qualifieriez-vous le lien entre Johnny Hallyday et la France ?
Jean-François Sirinelli : Je parlerais de lui comme d’une butte témoin, à la fois d’une période, les années 1960, et d’une génération, celle des baby-boomers, dont il fut l’idole à l’époque, mais qu’il a su accompagner au fil des décennies, à laquelle il a tendu un miroir avantageux, celle d’un homme qui a résisté au temps, qui a refusé de vieillir, la première génération Peter Pan, dont il aura été le porte-drapeau, par son énergie et ses multiples adaptations aux changements.
Comment a-t-il pu provoquer cette résonance ?
C’est le mystère d’un homme qui dure en se réinventant. Né en 1943, il se glisse entre la génération qui a fait la guerre d’Algérie et la génération…
