Poche. Elle était belle, jeune, musicienne, libre, « d’une attraction pulvérisante », féministe bien avant l’heure, Gabriële. Avec son tréma sur le « e » comme deux yeux piquants qui épiaient le monde, elle mettait tous les artistes à genoux : précurseurs, sulfureux, futuristes, artistes dada, comme Francis Picabia bien sûr, dont elle fut la muse, l’inspiratrice, l’amante et la femme, mais aussi Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire, Samuel Beckett ou Igor Stravinsky qui se damnaient pour un baiser. Au début du XXe siècle, tout était à réinventer, la société, la beauté, la sexualité. « Gabriële a presque 25 ans, écrivent Anne et Claire Berest, ses arrière-petites- filles, et l’idée de devoir faire l’amour avec un homme la plonge dans des abîmes de perplexité. Elle peut prendre d’assaut une montagne. Mais…
