Jessye Norman
74 ans. Soprano. Un soir de 1978 à Paris où, après un récital, un grand dîner était donné en son honneur, elle se dépêchait. Jetant un dernier regard sur sa loge, elle dit: « Je ne sais pas où est ma mère en ce moment, mais elle me voit sûrement. » Jessye Norman était large alors, grande, avec de splendides mains et bras qui, l’allongeant, l’amincissaient. La voix, nourrie par un souffle à sa taille, était inépuisable de nuances, d’émotion, de profondeur. Ayant débuté en Allemagne (à 23 ans, elle éblouit en Elisabeth dans «Tannhäuser »), elle avait décidé de conquérir Paris. Maladroite pour l’opéra, elle régna par le concert. Au Châtelet, elle alignait une soirée Mozart, une soirée Verdi, une soirée Wagner. Boulez la réclamait en soliste,…