La trace, chez Ingrid Milhaud, c’est le photographe qui part et revient pour recueillir et relier ce qui était épars au rebut de la mémoire. La photographie est affaire de réel, d’imaginaire, de temps qui passe ou qui reste, de souvenir, de trace, de signe ou d’empreinte… Tous ces termes sont ambigus. Et toutes les combinaisons possibles entre eux. De là, sans doute, la diversité des théories et des usages de ce médium impur. Ingrid Milhaud pratique la photographie comme une écriture intime. C’est-à-dire au croisement de conditions d’existence sociale objectives, d’une histoire familiale et d’une subjectivité qui reçoit l’encombrant héritage des vies présentes et passées, imprègne, assimile, régurgite et trace un chemin singulier.
À dix-huit ans, Ingrid Milhaud veut échapper à l’ennui d’une vie déjà écrite dans la petite…