Vous dites que le phénomène des disparitions forcées au Mexique est complexe à analyser. Pourquoi? L’idée, globalement admise et relayée docilement par la plupart des médias, est que ces disparus sont des victimes collatérales de la violence exercée par les cartels de la drogue sur les populations. J’ai essayé de démontrer, au contraire, que pour une partie de ces disparitions, la responsabilité de l’État mexicain, de sa police, de son armée, peut-être d’une partie de l’administration publique, est engagée.
Comment? Quand on observe le phénomène, on se rend compte que les disparus vivent souvent dans des régions riches en ressources naturelles comme le pétrole, le gaz, l’argent, l’or, qui attisent les convoitises des multinationales étrangères. Dans un premier temps, la terreur et la violence y légitiment l’intervention de la police,…
