Je raffole de mon époque. Je l’apprécie parce qu’elle est riche du présent, mais aussi riche du passé qu’elle s’acharne à connaître.
Ce dimanche, dans ma bibliothèque, en parcourant les rayons consacrés à la musique, je me délecte : diverses voix s’offrent, des sopranos, des mezzos, des altos, des ténors, des barytons, des basses, puis également des sopranistes, des hautes-contre, des contre-ténors, et même un bariténor, Michael Spyres, qui vient d’enregistrer des airs allant du la grave au contre-rŽ ! Aurais-je vécu durant les deux siècles précédents, je n’aurais jamais goûté une telle variété.
Paradoxe: les XIXe et XXe siècles, féconds en opéras, lieder, mélodies, appauvrirent l’univers des voix. D’abord, ils exigèrent des organes plus puissants, dans des lieux plus grands, avec des orchestres plus fournis: le gain de décibels…
