Certains artistes ouvrent des voies. On dira, c'est le propre de l'art de s'aventurer où les autres ne vont pas. Oui, mais certains ont, plus que leurs semblables, le goût du risque. Comme Yves Klein, ils marchent sur un chemin de crête, grimpant toujours plus haut, pour arracher à l’éther un peu de son bleu essentiel. Ou alors, comme Pierre Soulages, ils s'enfoncent dans le ventre de la terre, en quête d'un scintillement de mica, d'un fracas de quartz obscur étincelant sous le pinceau. Vers un pays inconnu, un territoire de l'au-delà des couleurs, un continent inexploré que Soulages, en pionnier, baptisa Outrenoir. Étrange trajectoire que celle de cet enfant de Rodez, qui, dès son plus jeune âge, s'intéresse à la nature, dessinant les arbres sans feuilles comme autant de…