La Valse triste… Lequel d’entre nous n’a pas savouré ce morceau de Sibelius? Sur des basses ténébreuses et un rythme claudicant, une sublime mélodie s’élève lentement, telle une fumée, prend corps, vibre, chante, rayonne avant de se dissoudre, réduite à son souvenir. Il n’y a sans doute pas d’âge pour connaître la nostalgie! Enfant, j’écoutais cette valse en boucle dans sa version orchestrale; aujourd’hui, lorsque je sais la maison vide, je la joue au piano – tous mes fantômes surgissent aussitôt, ces êtres disparus que j’ai aimés, ils s’accoudent au bord des cordes, les larmes aux yeux, et me sourient. Normalement, un pareil titre décourage. Valse triste… Imagine-t-on un romancier nommant son livre Roman triste? Les lecteurs fuiraient. Or, en musique, on n’hésite ni à parler de la Sonate «…
