Raser le Paris d’Haussmann pour y ériger des tours en béton. S’affranchir des modèles, tuer le père, déboulonner la statue du commandeur : voilà des sports que le jeune Boulez pratiquait avec délices. Exemple parmi d’autres, l’article qu’il publiait en 1952 sous le titre Schönberg est mort, promis à faire grand bruit et commençant par ces mots : « Prendre position quant à Schönberg ? C’est certainement une nécessité des plus urgentes ; c’est, néanmoins, un problème fuyant, qui rebute la sagacité ; c’est, peut-être, une recherche sans issue satisfaisante. Il serait vain de le nier : le “cas” Schönberg est, avant tout, irritant, par ce qu’il comporte de flagrantes incompatibilités. » Remplaçons le nom de Schönberg par celui de Boulez, nous voilà dans pareil embarras. Essayons quand même.
Ce…
